Cérémonie commémorative de l'Armistice de 1918
Tonneins a commémoré l'Armistice de 1918 et a inscrit le nom du soldat Mathurin-Joseph Charrier sur le Monument aux Morts Place de la Mémoire. Deux cérémonies ont eu lieu à 10h00 et 11h00 au cimetière et devant le Monument aux Morts, Place de la Mémoire.
Le maire Dante Rinaudo, le sénateur Jean-Pierre Moga, le conseiller départemental Gilbert Dufourg, les élu(e)s du conseil municipal de Tonneins, la Gendarmerie Nationale, les Sapeurs-Pompiers, la Police Municipale, les associations d'anciens combattants, les Pompons Bleus, l'École des Arts et un public nombreux ont rendu hommage aux Morts pour la France.
Le nom du soldat Mathurin-Joseph Charrier a été aujourd'hui gravé sur le Monument aux Morts grâce à la démarche effectuée auprès du Maire de Tonneins par son descendant Eric Charrier ainsi que par le GRM (Groupe départemental de Recherche Sépulcrale et de Mémoire Historique combattante) de Vendée dont le président est Jean-Yves Renaudineau. Un mot signé Eric Charrier a été lu par trois jeunes musiciens des Pompons Bleus.
Profil biographique de Mathurin Charrier
Mathurin Charrier voit le jour à Saint-Jean de Monts en Vendée où sa famille est établie depuis plusieurs générations. Né en 1886, son père, menuisier, est le dernier enfant d'une grande famille qui vivait dans une ferme au coeur du marais nord-vendéen. A sa naissance Mathurin a un frère aîné, aucun autre enfant ne viendra agrandir la famille car la mère de Mathurin décède alors qu'il n'a que quatre mois. Le père de famille reste seul quelques années avec ses deux garçons avant de se marier une seconde fois à la fin du dix-neuvième siècle. C'est vers 1900 que Mathurin, alors adolescent, arrive dans le Lot-et-Garonne avec son frère aîné, Pierre,-son père et sa belle-mère. Loin d'être un acte isolé, ce flux migratoire de famille paysannes vendéennes vers le Sud-Ouest est un phénomène d'ampleur qui a été étudié par l'historien Jean-Clément Martin dans un ouvrage intitulé «Les Vendéens de la Garonne». En 1906, alors qu'il a 20 ans, Mathurin réside à Saint-Maurin où il exerce la profession de cultivateur. L'année suivante, il effectue son service militaire -la durée est de deux ans à l'époque- et revient en 1909 à Saint-Maurin. On le retrouve en 1911 à Tayrac où il est domestique agricole. Mais c'est à Saint-Maurin qu'il se marie avec Cécile Lessalle, originaire de Razimet, le 1er août 1913, soit un an jour pour jour avant la mobilisation générale. Etrange anniversaire de mariage en ce 1er août 1914 pour celui qui doit partir à la guerre ... Quelques mois plus tard, le 2 novembre 1914, son frère aîné, Pierre, trouve la mort au combat à Wytschacte en Belgique. Encore deux ans au front pour Mathurin considéré par le Ministère de la Guerre« comme étant disparu le 7 octobre 1916 au nord-est du village de Morval dans la Somme, à la veille de ses 30 ans. Il est probable que ses restes mortels reposent à la Nécropole Nationale de Rancourt dans l'un des ossuaires. Déclaré décédé par jugement du Tribunal de Marmande, l'acte de décès de Mathurin Charrier sera transcrit en Mairie de Tonneins, lieu de sa résidence, le 22 août 1921, il y a tout juste cent ans. Sa femme obtiendra de l'État un emploi à la SEITA et finira ses jours ici à Tonneins où elle a été inhumée en 1983.
Ainsi, cent ans après la transcription de son décès sur les registres d'état civil de Tonneins, le nom de Mathurin Charrier apparaît, gravé dans la pierre, sur ce monument à la gloire de tous ces jeunes soldats qui ont donné leur vie pour la France. Il nous appartient de continuer à entretenir le souvenir, à l'instar de ce qu'écrivait Victor Hugo «Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie».



